DISCOURS DES VOEUX DU 31 JANVIER 2026 – Raphaël PERRIN
Madame la députée,
Mesdames Messieurs les élus,
Mon lieutenant, chef de centre des combes,
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,
Cette cérémonie des vœux ne sera pas tout à fait à l’image des précédentes.
2026 est une année particulière. Une année en “1” !
Les vignerons jurassiens sont convaincus que les années se terminant par 9 sont des bons millésimes pour le vin jaune !
Les numérologues, eux, font la somme des chiffres et donc 2+0+2+6 égal 10 et donc par réduction 1 !
Et 1, c’est un nouveau départ ! 2026 sera une année de renouveau.
Nous avons derrière nous un quart de siècle dans ce nouveau millénaire.
Et pour notre commune, pour ce premier quart de siècle, vous m’avez fait l’honneur de me confier la responsabilité de maire, avec des équipes renouvelées, des contextes changeants, et des exigences toujours plus fortes.
Quand on regarde ce temps long, il est important de constater ce qui a évolué et l’héritage laissé.
Quelle que soit l’appréciation que l’on peut porter, la volonté aura toujours été la même :
tenir les principes fondamentaux, qui relèvent du devoir de la chose politique.
- Gérer la cité, c’est accepter de refuser des demandes personnelles lorsqu’elles ne servent pas l’intérêt collectif.
- Gérer la cité, c’est accompagner celles et ceux qui ont des projets, mais surtout accompagner ceux qui ont une capacité à faire, et qui, par leurs actions contribuent à faire rayonner la commune.
- Gérer la cité, c’est maintenir les réseaux publics dans le meilleur état possible — et à ce titre, il faut aussi savoir rendre à César ce qui est à César.
Que l’eau, l’assainissement ou certaines compétences soient aujourd’hui portées par des syndicats ou par la communauté de communes est, pour nos communes, un soulagement. Cela n’efface pas les complexités — car oui, nous sommes dans un pays qui a beaucoup compliqué les choses — mais partager les compétences permet de rester focalisé sur l’essentiel.
Nous sommes tous des maillons d’une chaine qui doit résister aux tensions qui aujourd’hui dans notre pays sont nombreuses.
4 mandats de Maire avec toutefois une particularité : celle d’avoir été élu selon un mode de scrutin qui dorénavant est d’un autre temps. Le plaisir de rayer des noms, c’est fini ! En mars prochain, ce n’est plus possible sauf si l’intention est de voir son vote annulé…
Au cours de ce mandat qui s’achève, certains projets ont été lourds, complexes, parfois douloureux.
La réhabilitation de l’ancien presbytère qui doit être terminé fin février. 2025 aura été une année charnière avec depuis août, un emménagement partiel pour l’accueil du public de la mairie, l’agence postale communale et de France Services dans des locaux agréables et où les conditions de travail pour les agents est tout autre.
L’accouchement se sera fait dans la douleur : Il y a eu des évènements dont nous ne sommes pas responsables qui ont impliqués des retards, et sans doute aussi des incompréhensions.
En ce qui me concerne, je garderai un gout amer. Autant je remercie l’engagement de tous ceux qui ont œuvré à mener à bien ce projet. Autant, je continue à me sentir responsable de rendre un bâtiment avec des hauteurs réduites à l’étage. Ma colère restera à l’égard des architectes qui semble avoir oublié que L’Eglise et La République s’imposaient avec de la hauteur au sein de leurs bâtiments.
Je sais que cette colère peut être mal vécue. J’en suis désolé mais l’exigence, la rigueur dans la gestion des deniers publics, le refus d’accepter l’inacceptable sont des lignes pour moi infranchissables.
Être juste, penser sur le long terme, rester dans une continuité demande du temps, de l’analyse, et parfois d’accepter l’inconfort de certaines décisions à prendre.
La charge d’un maire n’est pas de décider seul, mais de maintenir une cohérence, de hiérarchiser l’urgence, l’importance, et l’intérêt général, dans une logique de bon sens qui, parfois, semble nous échapper collectivement. Et là aussi, il y a une vraie difficulté croissante où les points de vue divergent d’ailleurs.
Eliane, il y a 3 ans citait lors de la cérémonie de vœux « Seul, on va plus vite, Ensemble, on va plus loin ». Et pourtant souvent, il faut aller vite car les opportunités elles, n’attendent pas !
Notre commune avait besoin d’évoluer — comme toutes les communes de France.
Dans un contexte économique difficile, il est rare qu’une commune puisse dire qu’elle ne compte plus aucune friche industrielle sur son territoire.
Il faut toujours garder espoir pour preuve ! Septmoncel les Molunes fait des jaloux… Un Saint Claudien, cet été, avec un ton qui laissait transparaitre le ressenti « Septmoncel est le Monaco du Haut Jura ». Après « Le Petit Paris », nous voilà le « Monaco du Haut Jura ».
Il y a quelques années le Proxi-marché au cœur du village a trouvé un nouveau souffle. Il faut aussi se réjouir qu’après de nombreuses années, l’hôtel-restaurant du Préfillet ait enfin, en 2025 trouvé un repreneur.
Reste le sujet de la boulangerie
Durant tous ces mandats Le seul fil conducteur, , aura été celui-ci : faire au mieux, même quand faire devient de plus en plus difficile.
Je sais que j’ai été dur avec les équipes. Au-delà d’une volonté de rigueur, cette exigence est parfois exacerbée tant le bon sens disparait… Cette exigence, si elle a pu être vécue douloureusement, vous saurez que ça n’a jamais été contre les personnes, mais toujours pour la commune.
Je garde cette idée simple en tête : on ne s’affranchit pas de sa culture ni de son éducation : « Ne pas attendre la guerre pour se préparer, c’est souvent la meilleure façon de l’éviter ».
Donc voilà ! on me dit pessimiste ! Je reste convaincu qu’il faut rester réaliste…
Transmission et vœux
Quand je dis que je souhaite que 2026 soit une année de renouveau, j’entends ceci :
que la commune puisse s’appuyer sur ce qui a été fait avec un objectif : Aller plus loin, avec des élus et des services conscients des enjeux, et avec une population qui continue à faire vivre une solidarité particulière qui fait l’âme de nos villages.
J’assume d’avoir été un élu de gauche — parfois moqué — mais la solidarité, la justice, l’équité qu’il ne faut confondre avec l’égalité restent pour moi des valeurs cardinales, à l’heure où le repli et l’égoïsme progressent dangereusement.
Demain, la commune sera autre chose.
Mon seul souhait est que celles et ceux qui auront entre leurs mains son patrimoine et son histoire en conservent le sens et les valeurs.
Alors, en toute humilité, tous mes vœux de réussite à celles et ceux qui nous succéderont.
Pardon peut-être de leur laisser encore tant de travail.
Il reste du patrimoine à mettre en valeur qui pour moi reste des joyaux :
- L’ancien bâtiment de l’école et la Mairie des Molunes
- La chalet pièce d’aval et le chalet des gardes
Bonne année, bonne santé à toutes et à tous.
Et que dans ce nouveau cycle, l’implication collective soit plus qu’un vœu : une réalité.



