Des origines médiévales à la modernité
Plongez dans l'histoire fascinante de Septmoncel Les Molunes, une commune dont le passé riche et varié reflète des siècles de transformations. De ses débuts sous l'influence des moines médiévaux aux développements modernes, cette page retrace les événements clés et les personnalités qui ont marqué la région.
Découvrez comment Septmoncel Les Molunes a évolué à travers les âges, en conservant son identité unique tout en s’adaptant aux défis de chaque époque.
Les premières mentions de la région de Septmoncel, située dans les Hautes-Combes du Jura, apparaissent au début du VIe siècle avec les moines de l’abbaye de Saint-Claude. À cette époque, le secteur est décrit comme une vaste forêt, délimitée par des rochers et peuplée d’animaux sauvages, sans routes traversant la région. Le défrichement commence vers 800 sous l’impulsion de dignitaires de l’abbaye, rendant progressivement la région habitable. Cependant, les habitants sont soumis au régime de la « mainmorte », limitant leurs droits de propriété et de succession. En 1245, la bulle papale confirme les privilèges de l’abbaye et mentionne l’église de « Septem Acervis » (Septmoncel), une vaste paroisse dédiée à Saint Étienne.
Le XIVe siècle est marqué par des conflits avec les habitants de Gex, résolus par un traité de paix en 1324. Cependant, la peste noire de 1349 décime la population, réduisant la région à un presque désert. Au cours du XVIe siècle, une période de prospérité suit, avec des efforts de défrichement et la mise en valeur des terres. En 1535, un massacre de soldats français en retraite dans la forêt de la Frasse donne naissance au nom de la Forêt du Massacre. Le XVIIe siècle est également significatif pour l’apparition des maisons murées et l’influence des réfugiés religieux genevois, apportant des compétences artisanales et un savoir-faire en lapidaire.
Le XVIIIe siècle voit l’émergence de l’industrie du lapidaire, grâce à Michaud des Thoramy, qui initie la fabrication de pierres percées pour l’horlogerie en 1735. Cette industrie deviendra un pilier économique pour la région. En 1771, la paroisse de Septmoncel tente de se libérer de la mainmorte avec le soutien de Voltaire, mais échoue. La Révolution française en 1789 abolit la mainmorte, apportant des changements significatifs, et en 1793, Les Molunes se détachent de Septmoncel. Au XIXe siècle, la région connaît des transformations majeures, avec la construction de routes, d’écoles et d’infrastructures publiques, et la création de coopératives telles que la coopérative fromagère du Manon en 1912.
La Première et la Seconde Guerre mondiale apportent des défis et des bouleversements à Septmoncel et Les Molunes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région devient un centre de résistance. En 1943, un maquis se forme aux Eterpets, soutenu par la « Fraternelle ». Le 17 juin 1944, des résistants locaux, dont Léon Mandrillon, sont capturés et exécutés, et leur maison est incendiée. Ces événements tragiques marquent l’histoire locale et la résistance contre l’occupation nazie.
La Première et la Seconde Guerre mondiale apportent des défis et des bouleversements à Septmoncel et Les Molunes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région devient un centre de résistance. En 1943, un maquis se forme aux Eterpets, soutenu par la « Fraternelle ». Le 17 juin 1944, des résistants locaux, dont Léon Mandrillon, sont capturés et exécutés, et leur maison est incendiée. Ces événements tragiques marquent l’histoire locale et la résistance contre l’occupation nazie.
Désiré Dalloz
L'enfant du pays devenu jurisconsulte
Né à Septmoncel le 12 août 1795, Désiré Dalloz est un juriste influent et homme politique.
Après des études à Paris, il devient avocat à la Cour de Cassation en 1817 et publie la renommée « Jurisprudence Générale du Royaume ». Élu député du Jura en 1837, il contribue à des améliorations routières importantes. Il fonde avec son frère une maison d’édition juridique célèbre pour les « Petits Codes Dalloz », dont le Code Civil est emblématique. Décédé le 12 janvier 1869, il est honoré à Septmoncel par une fontaine avec son buste et un Code Civil, inaugurée en 1872.
Une association en sa mémoire est créée en 2004.
Le Lapidaire
Une tradition éclatante du Haut-Jura
Le lapidaire, un métier essentiel à Septmoncel et dans le Haut Jura, est souvent mal connu du grand public. Ce domaine, qui consiste à tailler et polir les pierres précieuses et semi-précieuses, a vu le jour dans cette région montagneuse grâce à un contexte historique particulier. Suite à la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, des diamantaires et lapidaires, principalement juifs et protestants, ont été contraints de quitter Paris. Ils se sont installés dans le Haut Jura, trouvant une main-d’œuvre habile et prête à les représenter commercialement à Paris. Les premières productions se faisaient dans les fermes comme activité secondaire pendant les mois d’hiver, mais le secteur s’est développé avec la création d’une coopérative lapidaire à Septmoncel en 1920 et l’édification d’industries majeures après la Seconde Guerre mondiale. Malgré des crises sévères, les techniques ont évolué, passant des tailles manuelles aux procédés modernes, incluant la pierre synthétique.
Aujourd’hui, la lapidairerie haut-jurassienne continue d’être un pilier économique, reflétant un savoir-faire exceptionnel qui valorise l’éclat unique de chaque pierre.
Le Bleu de Gex
L’histoire du fromage de Septmoncel
Le Bleu de Gex, désormais largement connu sous ce nom, trouve ses racines à Septmoncel. Ce fromage à pâte persillée, fabriqué à partir de lait cru de vache, a vu le jour dans cette région montagneuse au XVIIIe siècle. Importé par des migrants suisses et dauphinois, il s’est développé grâce à la transition de la fabrication du gruyère vers le bleu persillé. L’appellation « Septmoncel » a été utilisée pour ce fromage jusqu’en 1935, lorsque le nom fut modifié sous la pression des producteurs locaux. La production, d’abord artisanale dans les fermes, a évolué avec la création de fruitières au début du XXe siècle. En 1925, une école de formation pour fromagers a été fondée, et aujourd’hui, la production est assurée par quelques coopératives et groupes laitiers.
Le fromage bénéficie d’une AOC depuis 1986, mais il est toujours lié à ses origines septmoncelandes.


